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Psychanalyse14 min de lecture

Les homosexuels ne sont pas tous pervers

Le discours contemporain refuse de poser la question de l'homosexualité dans son rapport à la perversion. La psychanalyse l'assume — non pour pathologiser, mais pour rendre au sujet la dignité de pouvoir penser ce qui le concerne.

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Les homosexuels ne sont pas tous pervers

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L'élaboration comme devoir

Il y a un devoir, pour tout sujet humain, d'élaborer ce qu'il vit. C'est même ce qui le distingue de tout ce qui n'est pas humain : pas seulement subir ce qui arrive, mais en faire quelque chose. Mettre des mots. Établir des liens. Comprendre, autant que c'est possible, ce qui se joue. La parole, la pensée, le travail intérieur sur sa propre histoire — voilà ce qui fait, à proprement parler, un sujet.

Dire d'une chose qui nous concerne "c'est comme ça, on n'a rien à en dire" est, à ce titre, inacceptable. C'est renoncer au minimum vital de l'humain en soi. Et pourtant, cette position se généralise — particulièrement quand il s'agit de questions qui touchent au désir, à la sexualité, à l'identité. On nous explique que certaines choses sont données, qu'elles n'ont pas à être interrogées, qu'on doit les accepter telles quelles et que toute tentative de les penser serait une violence.

L'homosexualité est aujourd'hui l'un des sujets les plus exposés à ce verrouillage. Elle est traitée comme une donnée intouchable. On peut en parler pour la défendre, pour la célébrer, pour s'en réclamer — mais pas pour la penser cliniquement, pas pour interroger ce qu'elle articule chez tel ou tel sujet, pas pour s'en demander quoi que ce soit qui ne serait pas une affirmation. Cette interdiction n'est pas anodine. Elle dépossède les sujets concernés de ce qui pourrait précisément les libérer : l'accès à leur propre vérité.

Cet article propose d'examiner ce verrouillage, et de poser, à partir de la psychanalyse, ce qu'on peut dire sérieusement de l'homosexualité — y compris dans son rapport possible à la perversion, qui est précisément l'une des questions qu'il est devenu impossible de soulever ailleurs. Pas pour accuser. Pour penser.

"Né comme ça" : le biologisme comme nouvel obscurantisme

Le discours contemporain sur l'homosexualité s'appuie sur une formule qu'il prend pour le sommet de la bienveillance : on est né comme ça, on n'y peut rien. Cette formule paraît anodine. Elle ne l'est pas. Elle accomplit, sous des airs progressistes, un geste qui mérite d'être nommé pour ce qu'il est.

Prétendre qu'une position du sujet est entièrement déterminée par sa biologie, c'est de l'obscurantisme. C'est la pensée totalitaire dans sa version la plus ancienne — celle qui croyait qu'on pouvait lire le caractère d'un homme dans la forme de son crâne, dans la couleur de sa peau, dans son sang. Que ce biologisme prenne aujourd'hui la forme d'une défense bienveillante des minorités plutôt que celle d'une hiérarchie raciale ne change rien à sa structure. C'est la même opération : réduire le sujet à un substrat biologique présumé porteur de sa vérité, et trancher ainsi tout ce qui en lui relève du symbolique, de l'histoire, du désir, de la parole.

On ne naît pas homosexuel. On le devient — et même, on le choisit. Cette phrase fait scandale, et il faut comprendre pourquoi.

Elle fait scandale parce que les sujets contemporains entendent "choisir" au sens conscient et délibéré. Pour eux, "j'ai choisi" veut dire "j'ai voulu", c'est-à-dire "j'aurais pu vouloir autre chose si j'avais voulu". Et de ce point de vue, dire à quelqu'un qu'il a choisi son homosexualité revient à lui demander pourquoi il ne fait pas marche arrière, pourquoi il n'a pas choisi autrement. C'est intolérable. Et ils ont raison sur un point : ils n'ont pas choisi consciemment. Personne ne se réveille un matin en délibérant sur son orientation sexuelle comme on délibère sur un achat.

Dire que l'homosexualité est un choix inconscient n'est ni la pathologiser ni la condamner. C'est rendre au sujet homosexuel ce que la bienpensance contemporaine lui retire : la dignité d'avoir un destin que la pensée peut éclairer.

Le déni se trahit dans ses paradoxes

Le discours contemporain sur l'homosexualité tient simultanément deux énoncés qui ne peuvent pas tenir ensemble. Ce n'est pas un symptôme, ce n'est pas une pathologie, dit-il. Et dans le même mouvement : reconnaissez la singularité de mon parcours, ma souffrance, ce que j'ai traversé.

Or ce qu'on appelle "la singularité d'un parcours" est exactement ce que la clinique nomme symptôme — au sens psychanalytique, c'est-à-dire une formation subjective qui condense une histoire et une vérité. Le sujet veut être reconnu pour son symptôme et exige qu'on n'y touche surtout pas. Il demande la dignité d'avoir un destin et l'exemption du travail qui consiste à le penser.

Ce sont les paradoxes du discours qui trahissent le refoulement. Le sujet ne veut pas vraiment ignorer ce qu'il refoule — il préférerait l'ignorer. Le déni psychanalytique repose toujours sur la mauvaise foi : on sait, mais on ne veut pas savoir qu'on sait. Et ce savoir refoulé fait retour dans les contradictions du discours, dans les passages obligés qui ne tiennent pas debout dès qu'on les regarde.

Ce que Freud a fait — et pourquoi il fallait du courage pour le faire

Dans sa lettre célèbre à la mère américaine qui l'interrogeait au sujet de son fils, en avril 1935, Freud écrit que l'homosexualité n'est ni un avantage, ni une honte, ni un vice, ni une dégradation, et qu'elle ne saurait être classée comme une maladie. Il faut mesurer ce que cette position avait de tranchant à l'époque. L'homosexualité était considérée comme un crime dans la plupart des pays occidentaux. Elle était traitée par les institutions médicales comme une perversion sexuelle au sens psychiatrique du terme, c'est-à-dire comme une pathologie justiciable d'un traitement. Et Freud, à contre-courant absolu, refuse ce classement.

Freud n'a pas seulement refusé la pathologie — il a directement écouté l'homosexualité dans ce qu'elle articule chez certains des plus grands sujets de l'histoire de l'art. Son essai sur Léonard de Vinci (1910), puis ses travaux sur Michel-Ange, sont des analyses précises de la position homosexuelle telle qu'elle s'articule chez ces hommes, et de la façon dont elle s'est nouée à une œuvre. Freud ne dit pas : ces hommes étaient malades. Il ne dit pas non plus : ces hommes étaient nés comme ça et il n'y a rien à en dire. Il fait quelque chose de beaucoup plus rare et beaucoup plus respectueux : il écoute ce que leur histoire articule, il déplie les nœuds entre la position du sujet, sa mère, son père, ses identifications, son œuvre. Il leur rend, par son écoute même, la dignité d'avoir un destin que la pensée peut éclairer.

C'est cela, le geste analytique. Et c'est ce que la bienpensance contemporaine, à force de vouloir "protéger" les sujets homosexuels en interdisant qu'on en parle, leur refuse aujourd'hui.

L'homosexualité est un symptôme — et alors ?

Il faut alors entendre ceci, sans détours.

Oui, l'homosexualité est un symptôme. Comme toute orientation sexuelle. Comme l'hétérosexualité. Comme toute position du sujet dans le rapport sexuel.

Cette affirmation perd tout caractère pathologisant dès qu'on la comprend correctement. Le symptôme, en psychanalyse, n'est pas la maladie. C'est la formation par laquelle un sujet articule sa vérité — souvent à son insu. Tout sujet a des symptômes. La cure ne vise pas à les éradiquer mais à les rendre intelligibles, à permettre au sujet d'en savoir quelque chose, et éventuellement de s'en arranger autrement.

La sexualité est l'endroit où les symptômes se condensent. Pour une raison structurelle : la sexualité est le lieu du rapport entre les sexes, c'est-à-dire le rapport à l'autre dans ce qu'il a de plus radical, de plus opaque, de plus traversé par l'inconscient. Tout ce qui fait symptôme chez un sujet — son histoire, ses identifications, ses traumatismes, son rapport à la castration, son rapport au Nom-du-Père — vient faire signe dans la sexualité. C'est mécanique. Cela vaut pour tout le monde.

Dire que l'homosexualité est un symptôme n'est donc pas la marquer comme spéciale ou comme déviante. C'est lui appliquer la règle générale. Et c'est, contre le discours bienpensant qui veut la rendre intouchable, lui rendre la dignité d'être quelque chose qu'on peut penser, élaborer, mettre au travail. Comme tout le reste.

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La perversion comme "père-version"

Il faut maintenant dire quelque chose de précis sur ce que la perversion désigne dans la clinique lacanienne, parce que c'est un mot qui est devenu, dans le langage courant, à peu près inutilisable. Pervers veut dire dans la rue : quelqu'un qui fait des choses bizarres au lit. Ce n'est pas du tout ce que le mot veut dire en analyse.

La perversion, chez Lacan, est une structure clinique — au même titre que la névrose et la psychose. Elle ne désigne pas une pratique sexuelle. Elle ne désigne pas une orientation. Elle désigne un mode d'articulation du sujet à la loi et au désir, qui se constitue très tôt dans l'histoire du sujet et qui reste, ensuite, sa manière particulière d'être au monde.

Dans le Séminaire XXIII (Le Sinthome), Lacan propose une lecture qui éclaire ce que la perversion porte vraiment. Il joue sur l'homophonie entre perversion et père-version : la perversion serait une certaine version du père. Une manière particulière de se rapporter à la fonction paternelle — c'est-à-dire à ce qui, dans la structure du sujet, porte la loi, la limite, l'interdit, la castration. Le pervers a une certaine façon de s'arranger avec le père symbolique. Il ne le nie pas comme le psychotique. Il ne le refoule pas comme le névrosé. Il en fait quelque chose d'autre, qui passe par le déni — il sait, et il ne sait pas, et il organise une mise en scène qui suture la division.

Ce qu'il faut entendre, c'est que la perversion comme structure suppose un certain rapport au père symbolique. Pas au père réel — au père comme fonction, comme principe d'interdiction et d'ordre dans la structure. Le pervers a affaire au père, intimement, structurellement. Sa position n'est pas hors de la loi, elle est arrangée avec la loi d'une manière particulière.

Cela ne veut pas dire — et il faut être très clair là-dessus — que rejeter le patriarcat crée la perversion. Cela veut dire qu'on ne peut pas penser sérieusement la question de la perversion, ni d'ailleurs la question du désir en général, sans tenir ensemble le père symbolique et ce que les sujets en font. Et que renoncer à cet outil au nom d'un combat politique, c'est se priver d'une bonne moitié de ce qu'il faudrait comprendre.

Il n'y a pas une homosexualité

Lacan a énoncé, dans le Séminaire XX, que la Femme n'existe pas. Ce qu'il faut entendre par là n'est pas une provocation, mais une thèse logique : la catégorie "la Femme", comme universel englobant les sujets féminins, n'a pas de consistance. Il y a des femmes, une par une, chacune dans son rapport singulier à la jouissance, à l'amour, au manque.

La même logique vaut, mot pour mot, pour l'homosexualité. Il n'y a pas une homosexualité. Il y a des sujets homosexuels, chacun dans son rapport singulier au désir, à l'objet, à l'Autre. Cette pluralité, la clinique la rencontre constamment. Et c'est précisément cette pluralité qui doit empêcher tout jugement global sur "l'homosexualité" comme catégorie.

Cela veut dire — et c'est une conséquence qu'il faut assumer — que selon les configurations, l'homosexualité peut articuler des choses très différentes pour le sujet. Pour certains, elle est l'aboutissement d'une histoire qui ne pose pas de problème particulier, qui s'est nouée à une parole heureuse, à une sublimation, à une vie de désir riche. Pour d'autres, elle articule un détour, un évitement, un compromis avec quelque chose de plus difficile. Et oui, dans certaines configurations, elle peut articuler quelque chose qui touche à la perversion comme structure — pas systématiquement, pas pour tous, mais ce qui peut être vrai pour certains doit pouvoir être pensable pour qu'on puisse les entendre.

Ce qui doit disparaître, c'est l'idée qu'on pourrait répondre à la question "l'homosexualité, c'est quoi ?" par une thèse générale. Cette question n'a pas de réponse générale. Elle a autant de réponses qu'il y a de sujets, et chaque réponse est une histoire.

Le cas Dora et la dialectisation lacanienne

Le moment théorique le plus précieux pour penser ces questions est probablement la relecture par Lacan du cas Dora. Freud, dans son écrit de 1905, suit le récit de la jeune fille et y voit, classiquement, un désir hétérosexuel pour Monsieur K — l'ami de son père qui lui a fait des avances. Dora résiste à cette interprétation, l'analyse capote, Freud s'interroge sur ce qui n'a pas marché.

Lacan reprend ce cas et propose une dialectisation décisive : ce que Freud avait pris pour un désir hétérosexuel pour Monsieur K était en réalité un désir adressé à Madame K. Dora aimait Madame K — et Monsieur K ne servait que d'indicateur, de boussole pointant vers le lieu où se trouvait l'objet véritable du désir. Le détour par l'homme était une manière de désigner la femme.

Cette structure éclaire quelque chose d'essentiel sur la position hystérique. Dans l'hystérie, le sujet est marqué par le complexe de castration, et il cherche le désir comme étant ce qui se trouve en face — chez l'autre, chez celui qu'il prend pour porteur du phallus. C'est pourquoi le sujet hystérique, même quand son désir est adressé à une autre femme, peut passer par le détour de l'homme : l'homme sert à indiquer où c'est, à pointer le lieu du désir, à donner la direction. Sans cette boussole, le désir reste opaque pour le sujet hystérique.

Pourquoi le communautarisme abolit la subjectivité

Il faut dire un mot des mouvements identitaires contemporains, parce qu'ils sont devenus la principale machine à empêcher les sujets concernés d'élaborer leur propre position.

Tous ces mouvements — quelle que soit leur cause apparente — fonctionnent sur le même mode. Ils bannissent la remise en question. Ils proposent au sujet un soi tout fait, une identité solide, une appartenance qui dispense du travail de subjectivation. Ils sont l'amour de l'entre-soi pour la haine de l'autre. Et les plus dangereux d'entre eux sont ceux qui se présentent comme inclusifs et progressistes — c'est porter des gants blancs pour avoir les mains encore plus sales en dessous.

Cette opération est structurellement narcissique. Le sujet cherche dans le semblable son reflet et sa validation, il fige son identité dans une image fermée. Et le narcissisme, comme on l'a développé ailleurs, mobilise une économie qui ne fait pas vivre — voir notre article S'aimer soi-même avant d'aimer les autres, ou passer son temps à se déprécier : le narcissisme.

Pour conclure : la dignité du sujet, c'est de pouvoir penser ce qui le concerne

Le titre de cet article dit les homosexuels ne sont pas tous pervers. Cette formule annonce moins une défense qu'une ouverture. Elle dit : la question peut être posée. Elle peut être posée avec rigueur, sans préjugé, sans démagogie, et chaque sujet a le droit — qu'on lui refuse aujourd'hui de toutes parts — de penser ce qui le concerne.

La psychanalyse propose autre chose. Elle propose au sujet — quel qu'il soit, dans quelque position qu'il se trouve — la possibilité d'élaborer sa propre vérité. Pas une vérité collective, pas une vérité communautaire, pas une vérité préfabriquée. Sa vérité, à lui, dans son histoire singulière. C'est exigeant. C'est inconfortable. C'est, parfois, douloureux. C'est aussi la seule chose qui libère.

Penser n'est pas accuser. Interroger n'est pas pathologiser. Et refuser au sujet le droit de penser ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il désire, sous prétexte de le défendre, c'est la pire des dépossessions.

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Références

  • /Freud, S. (1905). Trois essais sur la théorie sexuelle. Gallimard.
  • /Freud, S. (1905). Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora). In Cinq psychanalyses, PUF.
  • /Freud, S. (1910). Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci. Gallimard.
  • /Freud, S. (1914). Le Moïse de Michel-Ange. In L'inquiétante étrangeté et autres essais, Gallimard.
  • /Freud, S. (1935). Lettre à une mère américaine, 9 avril 1935.
  • /Lacan, J. (1951). Intervention sur le transfert. In Écrits, Seuil.
  • /Lacan, J. (1956–1957). Le Séminaire, livre IV : La relation d'objet. Seuil.
  • /Lacan, J. (1972–1973). Le Séminaire, livre XX : Encore. Seuil.
  • /Lacan, J. (1975–1976). Le Séminaire, livre XXIII : Le Sinthome. Seuil.
  • /André, S. (1995). L'imposture perverse. Seuil.

Léo Gayrard, psychologue clinicien et psychanalyste

Questions fréquentes

La psychanalyse considère-t-elle l'homosexualité comme une maladie ?
Non. Freud, dès 1935 dans sa lettre à une mère américaine, refusait explicitement de la classer comme telle. Et il faut aller plus loin : à une époque où l'homosexualité était socialement et médicalement traitée comme une tare, Freud y a opposé un refus net — exactement comme il l'avait fait pour l'hystérie en la sortant de la catégorie de la folie. Ce que la psychanalyse refuse aujourd'hui, ce n'est pas de défendre l'homosexualité, c'est qu'on lui interdise d'en parler.
L'homosexualité est-elle un symptôme ?
Oui — comme toute orientation sexuelle. La sexualité est l'endroit où les symptômes se condensent, parce qu'elle est le lieu du rapport à l'autre. Cela ne signifie pas que l'homosexualité soit pathologique : cela signifie qu'elle articule, comme toute position sexuelle, une histoire singulière qu'on peut élaborer.
On ne naît pas homosexuel ?
Non. On ne naît pas non plus hétérosexuel. On le devient — et même, on le choisit. Mais pas avec sa conscience : avec son inconscient. C'est ce que les sujets contemporains, qui ont voulu bannir l'inconscient de la pensée, n'arrivent plus à entendre. Pour eux, choisir veut dire choisir consciemment, et donc 'je n'ai pas choisi' signifie 'rien ne s'est joué là'. Or le sujet est en majeure partie inconscient. La part inconsciente choisit aussi, et ce choix-là est tout autant le sien.
Que dit Lacan quand il parle de 'père-version' ?
Lacan, dans le Séminaire XXIII (Le Sinthome), joue sur l'homophonie entre 'perversion' et 'père-version'. La perversion comme structure clinique est une 'version du père' — une certaine modalité du rapport du sujet au père symbolique et à la loi qu'il porte. Ce n'est pas une déviation morale, c'est une position particulière dans le rapport à la fonction paternelle. C'est un point d'intérêt particulier à l'époque actuelle, où le rejet du 'patriarcat' fait écran à toute pensée sérieuse du père symbolique.
Pourquoi dire qu'il n'y a pas une homosexualité ?
Parce que la généralisation théorique est un appauvrissement clinique. Lacan dit que 'la Femme n'existe pas' : il y a des femmes, une par une. La même logique vaut ici : il y a des sujets homosexuels, chacun avec son histoire, ses identifications, son rapport à l'objet. Les généralisations communautaires ferment ce qu'il y a précisément à entendre.
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